16/08/2009

Horror 4o4 Picture Show II.

Moi qui voulais passer inaperçue, c'est râté. Je me demande encore pourquoi j'ai débarqué sur la planète Knol. Sans doute parce que le concept me plaisait : le partage de connaissances, tout court. La liberté de ton. Le lâchage de petite bombes, crottes littéraires et autres concentrés d'intelligence plus ou moins frelatée, en toute impunité. Un référencement à la clef, même minuscule qu'importe, il s'agit d'ébranler les archives poussiéreuses des blogosphères de merde qui pullulent, en proposant un contenu de qualité.. idéalement, et d'ébranler quelques certitudes, pourquoi pas. Mais de là à rechercher une quelconque reconnaissance de ses pairs, ou d'un lectorat anonyme.. non, sans façon, cela ne m'intéresse pas, ne me nourrit pas et plus j'aurais de feedbacks, plus j'aurais la nausée.

Il ne s'agit pas d'un journal intime, mais d'instantanés arrachés au temps, et figés dans la chair de mes pensées. Autant de personnages que d'expériences, qu'importe le lieu, qu'importe le moment, l'émotion sera toujours aussi brûlante de vérité. Alors il fallait parler. Ecrire. Cracher. Vomir. Ici ou ailleurs, maintenant ou à l'aube de ses 6O printemps, une fois que l'histoire est achevée, digérée, nécrosée. Et pourquoi pas, faire la pute auprès des maisons d'édition pour avoir son nom sur un morceau de papier, se la jouer L.F. Céline en mode rock'n'roll de pacotille, lipstick à la fraise et un trait de khôl noir corbeau pour accrocher les rétines de l'autre côté de l'écran. Jouer les opportunistes, faire monter le buzz sur internet, un bout de chair, une petite phrase assassine, un couteau planté dans le ventre de la bienséance, retourner Hippocrate dans sa tombe, caresser les serpents autour des ses chevilles et choisir le moment ultime pour tirer sa révérence.

Internet comme une arme de destruction massive.

Et la dimension artistique, qui ouvre d'autres portes, d'autres horizons. La médecine n'étant qu'un prétexte finalement pour explorer les entrailles de l'humain, embrasser la mort du regard, et la défier secrètement. L'avenir appartient aux soins palliatifs. L'urgence n'est plus située là où le pense. Et il m'est avis que vous entendrez parler de moi d'une façon ou d'une autre. Quitte à regarder le chaos en face, autant se brûler la rétine.

04/08/2009

Petite Mort.

The water in me, i enter in a new era.
Music is filling my lungs.
No after, no before.
All my cells are turning into methylene blue.
Slowly. Naturally.

I’m not scared.

I’m floating.
Next time i bleed, i’ll remember everything.
There’s no need to run or scream.
I’ve met a revelator in deep waters.
And i’ve made a wish.

Now it's time to return to the surface.

To those that lick my tiny, useless words :
Don't even try to read between the lines.
Don't even try to talk to me.
I've reached a point you'll never imagine.
And i like it.

25/07/2009

Drink me, it's your Blood that runs into my Veins.

Le brouillon d'une existence qui hurle de ne pas s'achever assez vite.
Un symptôme. Celui de la fantômisation des affects putrescibles.
Une certitude. Celle de n'être qu'un témoin, écartelé, mais dépositaire d'un secret.

Il y aurait tant de choses à écrire encore, tant de murs à qui parler.
Tant de visages qui saignent dans un repli de ma mémoire.
Tant de morts à accompagner. Avant de rebrousser chemin.

Rien n’arrive par hasard.
Ni toi, ni moi. Ni eux, ni elles.
Et le serment d’Hippocrate ne pourra rien y changer.

Hey God, look at us, pitiful anonymous lost in the garden of dirt.
Sorry to never believe in your holy remedies that suck.
This is your target audience. Put your face under the water.

And try to breathe without swallowing if you dare.
What about aids, cancers, and elderness.
Your generosity will kill you before.

Empty skies and needle holes in the heart. Suffer well and prick your lips.
Chemical camisole and morphine to forget all that could have been.
No one to love, no horizon to embrace, but Death to taste elegantly.

17/07/2009

Are you the Rabbit ?

Arriviste.
En fait c'est pas le bon terme.
Il n'y a aucune ambition là-dedans.
A la limite de l'imposture,
Mais empreinte de vérité.
Je serais incapable de me définir.
Qu’importe de toute façon.
Y’a rien de bon à prendre, ni à sauver.
Juste de quoi se remplir le ventre,
De temps en temps.
Et encore.

Brouillon
Expérimental
Parasite
Atypique
Effet Secondaire
Indésirable
Symptôme
Rature
Faille
Narcissique
Cratère
Sarcophage
Boite Noire
Cicatrices

Points de Suture
quisefontetsedéfont
augrédutempsquipasse
detoutefaçon
c’estmoiquidécide
del’ablationdesfils.

Sac à Merdes Impudiques et Futiles.
Oui c’est ça.

Faut garder le côté aventureux de la chose à l'esprit.
D'ailleurs tout est né sur un coup de tête.
Une rencontre, une erreur,
Un claquement de porte,
Un why not, une improvisation.
Le résultat surprend. Fait réfléchir.

Suspend Le Geste.

L'horizon des possibles est immense,
Et pourtant je reste, immobile.
Mâchonner le vide ne nourrit pas.
Ca transperce le ventre.
Recréer une esthétique de situation.
Regarder le chaos en face,
Quitte à se cramer la rétine.
Cracher le tout dans l'arène,
Et se barrer en courant.
Maquiller les mots avec des sons,
Ou au contraire,
Leur apporter une densité autre,
Immédiate, épidermique, visuelle.

Tout cela reste finalement,
Profondément,
Inutile. Egoïste.
Ephémères particules,
De plaisir, arraché.
Pour se sentir.
Vivant.
Tout court.
En se moquant du reste.
L'instinct dans l'instant.

Je parle trop.

Planter l’aiguille,
Dans les berges de l’incision.
Tirer sur le fil, faire l’hémostase.
Ici je répare même les cadavres.
Les angles morts se multiplient,
Dans les espaces vides.
Les ombres fuient à l’horizon,
Pendant que le temps s’allonge.
Le monde visible devient invisible.

Et vice versa.

Plus rien ne danse, plus rien n’a de sens.
Seule l’essence, meurtrière, décide.
Seuls les sens interdits, comptent.
Arithmétique sans inconnue à qui parler.
Laboratoire à ciel ouvert.
Des corbeaux plein la tête.
J’ai avalé mes équations, une à une.
Un scalpel à la place du cœur.

L’expérience,
Comme un langage,
Cénesthésique.
Je ferai de mon sang un empire.
Et boirai le calice du pire.
Jusqu’à la lie.

22/06/2009

4oo4 shadows and I.

What about loss if i say that today is my birthday. Laid in my sickening mind, i’m not nearly dead.
Talk about sex to satisfy our devil inside, believe in the beauty of life, try to smile and kiss your lies.
Dark angels floating all around, electric skies in the middle of my eyes, i don’t need you to accelerate.

Play with your needles in my chest, feed me with dirty hopes until it ruins my ultra-toxic disaster.
Kill your fears and nightmares, show me the orchids you’ve been hiding in your crypt for ages.
Prick your lips and lick your blood, the moon has eclipsed the sun, now it’s time to face yourself.

Rotten dick and rotten arteries, i don’t give you a chance to fuck and die without sucking blue pills.
Put my dislocated brain under ventilation, i can hear the shit of your thoughts melting and collapsing.
Just remember the greedy hole you are, but do not misunderstand, the tiny crack in your bones is me.

I’m not attached to your broken world.
I wish i could stitch my dreams before.

Prick your finger and lick the pain, real sensations have deserted your skin, now it’s time to write.
Ink all the walls you want with dust, then use me if you dare, but i’m not in love with your scars.
Maybe we’re no longer human, only animals, lost in a physico-chemical mechanics, nothing at all.

Thousands of shadows and i, looking through themselves to fall into the void and taste emptiness.
Hey you, what do you say, what do you see, wanna be somebody, or just another (no)body like me ?
Let the worms consume the best of you, let the truth get to you, and be sure you have nothing to win.

What about dignity if i say that today is my last day. Laid in my green acid vomit, i’m still not nearly dead.
Prick your lips and lick your blood, the moon has now eclipsed the sun, you can’t pretend to face yourself.
Each time i look outside, i close my eyes and sink into your veins, i make my devil cry and forget who i am.

17/06/2009

Empty Spaces.

I had a book on my knees. I didn't open it. I knew the end. I invented the beginning. Wrote a few chapters. Then killed all the characters. And swallowed the sheets of paper. But i was still hungry.
I knew the end and i was still alive.
Maybe you changed a few lines.

02/06/2009

Napalm Stories.

Il suffirait d’un mot pour tout emporter, tout détruire, et recommencer. Le pouls du silence teinté d’absence battra la mesure. Et la vie, et la mort, et les fantômes, sertis de vide et de poussière, ne pourront rien y changer.

12/05/2009

Disgust is growing.

I’m watching my hands. Apparently clean but so dirty inside. No one knows what i’ve seen. No one imagines what i’ve touched, what i’ve murdered and stitched. I’m wearing a suit too much bigger for me. Pain killer and ghost whisperer. This is what i feel. Is my breath contagious. Am i carrying a disease that nibbles my mind, slowly. Why should i follow your path. Believe in what. Silence is my holy dust. Secrets wrap my soul and ruin my hopes. Is it the end of chase. Dead stars no longer smile, asphyxiation is their own language. I close my eyes. Remember all the skins you’ve seen. All the heart beats and skeletons you’ve ignored. Greyness all around, hypnotic sounds filling the gaps. I become anaemic. Nothing to do but wait. Wait for the fall. The last vertigo. And dissect any thought, even yours. Invisible feelings. Emotional chaos to hide. Unspoken memories to write and anchor in time. Loneliness as an answer. Death, a sweet foretaste of myself, and freedom. Nothing to forgive. Nothing to win. No hand to grasp. No tear to swallow. Everything’s made of granit. No difference between flesh and stones. There’s no need to scream. Destruction comes from the marrow. Razorblades under your fingers. Mental veincuts and recovery injections. Blood as an ink. Ultratoxic. And careless. Your whole life in prison. It smells emptiness and naphtaline. Madness is growing. And it blows everything.

08/05/2009

Coïtus interruptus.

Jalousie, frustration, immunité cyber-médiée, petites crottes finement ciselées dont l’impact minuscule prête à rire, vomissures et langues de vipère qui ne savent lécher que les miettes, grattant les fonds de tiroir pour y trouver quelques piécettes et autres nourritures terrestres insipides, la rage au ventre et le dégoût au creux des veines, l’esprit en berne, et le sexe turgescent gonflé de merde qui crachote misérablement sur un clavier des commentaires et autres déjections pseudo-littéraires, pseudo-carnassières, pseudo-ridicules, dont les aspérités ne sont bonnes qu’à accrocher la poussière, camarades de cimetière dont même les vers et autres invertébrés ne veulent y goûter. Tout est lié.

Reste à contempler le spectacle, l’auto-fécondation pathétique digne d’une éprouvette.

28/04/2009

Women.

Are more perverse than men. It’s merely due to their intoxicated brain. And. Their anatomy. Three holes they want to fill. Desperately. All the time. To feel alive. To feed evils. To electrify silences. To fill in a void. Anchored in their genes. They could die for this. They could kill for this. A gun between their thighs. A clock in their stomach. Dirty poison through their veins. Black dust under their eyelids. And insanity in their mouths. Glossy lips and porcelain skins. Women think about everything. Including killing time.

Oh well.

Music is better than sex. And ghosts are unable to love. Look at them, embracing their fears, acting like blind dancers on a lonely planet which has no name. Unable to speak loud enough. Whispering in the dark, along invisible walls. Razor blades in their mouths. Killing nightmares all the time. Glossy lips and porcelain skins. The puppets are fading away. Such tiny illusions for a gram of haemoglobin. Why can’t we return to where we come from. Alterated states of consciousness. Molecular magma and primitiv soup.

The emergence of life.

26/04/2009

There's no need to scream.

I used to write 'dead letters' and short poems at the beginning ; it was always written with a specific mood ; unconsciously sent to somebody i knew ; but hidden somewhere in the cyber space. I wouldn't be able to use those words for anything else. It would be a lie, yes. Or a betrayal, even if i am the only one who knows. So now, i try to write as freely as possible, following emotions without thinking of their potential impact. Except for a few texts, for which only a few persons could understand, but they don't read me (or i ignore it), so it remains quite anonymous in the end.

I have never written for someone in particular ; never named my feelings ; never invented anything ; it's always based on my own experiences, with the thoughts, the revelations, the sufferings and the errors that may happen during the process. I don't care. It had to be done, murdered on the screen, and extracted from my brain. I've lost friends because of this. The violence of words, the ultra toxicity of pain, the high density of silences. The cruelty of truth and the ugliness of reality. They just misunderstood the sense and took the wrong way to hurt me. So i closed several doors. That's life. But i don't believe much in human beings.

24/04/2009

Horror 4o4 Picture Show.

I knol… You knol… She knols… Repeat after me…
Bref. Google propose ce nouveau truc : http://knol.google.com/k/
Il s’agit de partager des connaissances, dites ‘unités de savoir’, c’est plus classe.

Horror 4o4 n’existerait pas sans toutes ces expériences que je traverse de jour comme de nuit. Tout est lié, interpénétré, interconnecté, en permanence. Cette matière qui se nourrit d’elle-même et me submerge, peut s’apprivoiser parfois. Avec clarté. A l’image de la blouse blanche que je revêts. Pendant qu’une encre noire, toxique et froide, coule dans mes veines. Mais ça c’est une autre histoire. Et c’est en partie l’objet de ce blog misérable et décadent.

Pour faire court, je commets aussi un délit d’écriture ici : http://knol.google.com/k/horror-4o4/horror-4o4/1x9y45pu0zut5/0#

Extrait : Stone AgeHold your tears, darling.
Revoir les familles par la suite, en pleine phase de deuil, est toujours délicat. En général, ils arrivent, timidement, l’œil qui brille encore, balbutiant quelques mots, ou restant muets, nous tendant un carton de remerciements, parfois accompagné d’une boîte de sablés bretons ou de chocolats. Les médecins ne parlent pas beaucoup non plus, presque gênés, ne sachant pas quoi dire pour ne pas raviver une douleur sourde ou des larmes. Echanges de regards, de banalités. Sourires furtifs. Des mains qui nous serrent jusqu’à la déchirure, comme s’ils voulaient nous transmettre une part de leur souffrance. Maladroits, malhabiles, perdus, abandonnés dans cet univers fait de blouses blanches et de lits médicalisés, de perfusions et de cathéters, d’humanité et d’acier. ()

20/04/2009

Every road is Criminal.

J’étais prête à refermer la porte définitivement. Un manque que je ne ressentais pas, une confiance déliquescente, et le dégoût qui avait fini par prendre toute la place. La fuite dans l’écriture, l’absence, la chute. La boucle autistique et imparfaite qui reprenait de plus belle. Un goût de néant dans les veines, et le corps qui patauge dans les flaques de l’ultra-pathos. Et pourtant. Une rencontre furtive à Paris, malgré les silences lourds et les rancunes mal digérées. Le revoir une dernière fois, dignement. Saluer son œuvre, reconnaître son talent, et fuir à nouveau, retomber dans l’anonymat. L’oubli. Le silence. Volontaire, entretenu, parfois violemment. La sensation aiguë de commettre une grave erreur. Rompre un lien particulièrement précieux. Mais l’envie d’en finir était plus forte. Etrangler cette douleur sourde qui occupait mes pensées insidieusement, et suturer les plaies.
J’ai fait le deuil de cette amitié singulière sans m’en rendre compte. De toute façon il n’y avait rien d’autre à faire. Tourner des pages, cramer des livres entiers, avaler le temps, l’encrier et avancer. Un brin de nostalgie au fond des yeux quand je recroisais des bouts de lui, ici et là sur la toile. Il ne m’avait jamais faite entrer dans son monde, lui non plus. Pourquoi aurais-je des regrets. Je ne crois plus en rien, et n’ai plus confiance dans le genre humain. On se traverse c’est déjà beaucoup. A quoi bon laisser des traces de son passage, des molécules de soi, une essence ou un parfum si c’est pour se heurter à de l’indifférence, des jetlags émotionnels ou des incompatibilités spatio-temporelles. Je n’ai pas de temps à perdre. Juste ma fierté, et les cellules de mon épiderme. L’élasticité des relations humaines me donne la gerbe. Il n’y a pas grand-chose à sauver de toute façon. On est tous des putains d’égoïstes individualistes centrés sur notre petite sphère de merde. Des putains de furoncles qui crèvent de ne pas aimer, et qui se damneraient pour être aimés de ceux qui nous touchent et foutent en l’air tous nos repères.
Bref. A côté de ça, je suis en train de prendre des risques. Emprunter des routes, des virages improbables, caresser des visages inconnus. Dégueuler des trucs de mon cerveau dans des efforts expulsifs incontrôlables. Et ça me réussit plutôt bien. Je crée de la merde à mon image. Je réapprends à sourire, aimer, baiser le temps qui passe, me foutre de la gueule des fantômes qui me sucent les entrailles. Je me plante des seringues dans le bras pour faire style, m’injecte des bolus de morphine invisible, m’inocule des venins rares et délicats. Et j’aime ça. Je sens une présence dans le noir. Une ombre familière. Je crois que je l’aime déjà un peu. On se parle sans avoir à ouvrir la bouche. On se comprend sans rien dire. Et on se fait plaisir. Simplement. Une danse que l’on dessine du bout des doigts, ligne après ligne. Qu’importe la fin, pourvu qu’on ait l’ivresse.
Et puis là, ce soir, je reçois un coup de fil. Le cadavre que je croyais avoir enterré respirait encore. Le sang n’avait pas eu le temps de coaguler, les pulsations s’étaient éteintes puis quelqu’un les avait réanimées. Un bon samaritain peut-être. Le salaud. Retour à la case départ. Non, pas si vite. Tu m’as dit que tu partais, loin, très loin. Mais vivant. Alors c’est bien. On a souri, en même temps, comme avant. J’ai raccroché mon scalpel. Refait mes lacets. Remis un peu d’ordre dans mes cheveux. Recraché la clef que j’avais conservée dans une crypte de mon estomac. Je pensais l’avoir perdue, dissoute dans les méandres de ma mémoire. Je ne croyais plus dans le genre humain. Tu m’as redonné l’illusion d’y croire. Mais pour combien de temps encore.
Tu n’es pas le seul à avoir joué ce jeu-là avec moi. Il y a l’autre, qui se tait, et se terre, à l’ombre de ses pensées. Un bloc de granit, égoïste. Mais une histoire différente, un lien précieux, irrationnel et aliénant. Un mystère que je n’ai jamais réussi à résoudre, et ce n’est pas faute d’avoir essayé. Une fuite encore, dans la tristesse et l’abandon de soi-même. Aucune rédemption à l’horizon, ça sent la naphtaline, les amours mortes et les espoirs crevés. J’y croyais pourtant. J’y croyais. Et puis j’ai tiré ma révérence, claqué la porte en défonçant les murs. J’ai fui en courant, sans me retourner, crachant ma haine, et étouffant les anges qui me chuchotaient des misères dans l’oreille.
Aujourd’hui j’ai laissé des lettres minuscules sous chacun de mes pas. Les étoiles ne m’ont pas attendue pour briller de mille feux. Je les rejoindrai un jour ou l’autre, à l’état de poussière. Et on sera toujours connectés, que tu le veuilles ou non. Toi, toi, et puis toi aussi. Ça ne dépend pas que de moi, et tu le sais. J’emprunte une nouvelle direction, une nouvelle ère commence. Là où je vais, il n’y a pas de porte. Là où je vais, il y a suffisamment de place pour deux. Là où je vais, les sentiments n’ont pas d’odeur, et la vie, et la mort, s’inter-pénètrent et se mélangent tout le temps. Si tu savais comme j’ai faim. Tellement.

14/04/2009

I'll follow you.

I'm emerging slowly... i've been working all day & night long yesterday, it was quite intense. We were called for a 58 years old man, terminal prostate cancer, with an acute respiratory distress at home. We took a few minutes before leaving... when we arrived, firemen were trying to ressuscitate a cachectic corpse. We told them to stop. A few minutes before we could arrive first and sedate the patient with morphine, but we wouldn't do anything to force him to breathe and live. We were relieved that he had the time to pass away at home, but we said nothing. It was clear in our eyes. The atmosphere was heavy, the family was crying, we completed the death certificate, supported the wife. Then we left. While we were going back to the hospital, i was thinking of this 86 years old woman with her acute abdominal pain last saturday night ; she knew that she was about to die, the pain was tremendous, and she was right. I could talk with her husband during the night, at the foot of her bed in the cardiologic area. He was so lucid and calm. They had been married for 62 years, they met each other in Germany just after the war, and lived in Brittany where she was born. I was listening to him. We even smiled and laughed sometimes. He was relieved to have me and see his wife, with no pain, at last. I've been told that she died 24 hours later. Her two sons had the time to come and see her, and say goodbye. I said "fine". I've been somewhere people needed me. I'll remember. Death is a part of life. And i respect her.

10/04/2009

Show me your insides.

Peu de gens me connaissent.

Me connaissent vraiment. Et encore, tout n’est qu’interprétation, pénétrations inconscientes, mastication, assimilation de mots, de phrases, de silences, d’émotions, de bouts de cerveau que je livre sur la toile, de façon aléatoire, imprécise et impudique. Je parle peu, j’économise mes mots, mon souffle, je vis sur mes réserves, mes capacités sont limitées, l’asphyxie, jamais loin. Deux doigts au fond de la gorge, je me cache pour vomir mes angoisses, mes peurs, mes rêves et mes désirs, comme je peux. Ma planète est immense, mes errances, abyssales. Je n’ai rien à donner, si ce n’est mes plus beaux silences, habités, parfois habillés d’un sourire, esquissé, toujours prête à partir, impalpable, les yeux tournés vers l’horizon lointain, retrouver un peu de répit, à l’ombre des secrets qui m’animent, immobile.

L’écriture comme une extension de soi dont on fait le deuil, entre les lignes, et qui ne nous appartient plus, dès lors qu’on décide de l’exposer sur un écran, une vitrine, un trottoir cybernétique, aussi crade et impersonnel soit-il. Une tentative, comme une autre, maladroite, imparfaite, narcissique, ridicule, anhédonique, inutile, pathétique, de cristalliser un vol de pensées, un fragment de son histoire, une émotion suspendue, une existence en pointillés, sur un support matériel, accessible. Pour ne pas oublier, même si j’ai le clic chirurgical, et que tout peut être gommé, arraché, éparpillé dans les catacombes du cyberespace en quelques secondes, salvatrices. La chair est faible, l’esprit, torturé, la mémoire, sélective, les sentiments, atemporels, le vide, omniprésent. Et la solitude, ancrée en soi comme un organe surnuméraire, une petite sœur siamoise que l’on dorlote en silence, à l’intérieur de sa cage thoracique, et dont les pulsations lancinantes nous rappellent sa présence, fidèle, toxique, meurtrière, irréversible. Elle est là, lovée tout contre mes alvéoles, et se repose, tranquille et souveraine. Je la sens, l’imagine, la défie, parfois. Mon cœur l’ausculte, et lui parle, tout le temps, pendant que mon aorte se fige, écartelée. Rien ni personne ne pourra la remplacer. L’apprivoiser peut-être. J’en sais rien. Elle a du caractère, la garce, sauvage et imprévisible, terriblement lunatique, se moquant de la vie comme de la mort, ne croyant en rien, avalant le temps qui file comme le sang qui court dans mes veines, consciente de ce lien indéfectible, tumoral, qui s’est établi entre nous il y a bien longtemps déjà et qui évolue pour son propre compte, sadiquement précis, en cathétérisant in situ chaque circonvolution, chaque repli de mon âme. Je ne lutte presque plus maintenant. Je lui laisse prendre la parole quand je me retrouve une fois de plus dans le creux de la vague, ou quand l’ennui et le dégoût teintés de désespoir me submergent, sans crier gare.

L’écriture comme l’aveu d’une impuissance, mon impuissance, face à une existence qui m’échappe, une réalité que j’exècre, une perte de substance, d’essence, et de sens contre laquelle je ne peux rien, et dont l’absurdité m’est renvoyée en pleine gueule. Tout se précipite, tout coule, les yeux mouillés, je m’effondre dans les flaques austères de mon inconscient malade, criblé de doutes, d’espoirs avortés et d’amours sans visage pour me rassurer. C’est alors que le silence, et le poids de l’absence résonnent de tout leur être. Et la poussière des murs, comme ultime témoin invisible d’une énième chute, à l’abri des regards. Je la déguste souvent, en souriant, tristement, pendant que d’infimes pulsations résonnent en moi, doucement, étrangement familières, faussement rassurantes, comme une dernière caresse sur un corps froid, immobile. Mais ce ne sont pas les miennes. Le processus est en marche, je le sais bien. Je me fragmente et me fantômise sans relâche. Il va bien falloir que je m’y résigne. I don’t go where I’m supposed to go… Elliott Smith dans les oreilles, je voudrais pouvoir m’effacer d’un simple trait de khôl, noir ou bleu touareg, et voguer, légère, vers ceux que j’aime, sentir leur présence, leur regard, chaleureux, partager des instants rares, qui n’appartiendront qu’à nous, nos instants, précieux, délicats, nos molécules, interdites, nos larmes et nos sourires, dans un souffle, allongé. Se sentir vivants, sereins, ou au contraire fébriles, l’état d’urgence au creux des veines, balbutiants, effrayés, décharnés, maladroits, rougissants, passionnés, désirés, qu’importe, simplement vivants. Et respirer à l’unisson.
L'écriture comme une pute qui se branle dans le noir en se léchant les doigts. Et qui achève toujours ses phrases, tragique et fière, sans se retourner. Les lèvres scellées par le dégoût, et l'ennui. Le ventre qui se spasme comme pour accoucher d'un dernier relent, fétide, celui qu'exhalent tous ces cadavres d'embryons et de foetus aux génotypes numériquement incorrects, ensevelis dans les replis toxiques du sanctuaire matriciel. Un charnier en soi, minuscule, qui gronde et qui vomit, à intervalles réguliers, du sang noir, par flaques, caillots, dégueulasses, au fond du lit et qui coule le long des cuisses. L'avortement d'une partie de sa chair qui se répète, à ciel ouvert, comme une plaie béante qui ne se refermera jamais. L'écriture comme une encre trempée dans son ventre pour mieux scarifier la laideur de l'instant.

[…]

07/04/2009

Mankind.

J’ai failli lui faire mes adieux la dernière fois. Mais il n’y a que des silences, des exils puis des retrouvailles à espérer. L’absence qui s’ancre dans la pierre, pendant que le temps s’allonge, impuissant. Je ne comprendrai jamais rien aux relations humaines. Tout n’est que poussière, illusion, manque et souffrance. Ça sent la naphtaline, les vieux rêves et les espoirs crevés. L’homme est lâche, égoïste. Et moi, je suis pire.
La veine assassine qui bat dans ma poitrine, le point de non-retour qui rougit aveuglément. [Hey you, this was an emergency call.] Trois années suspendues au-dessus du vide, passées à ausculter des silences entrecoupés de sourires. A quoi bon continuer. Aucune preuve du vivant à l’horizon. Il y a trop de chemins qui s’égarent, trop de fantômes qui errent, trop de plaies qui saignent. J’ai appris la leçon.
Et toi qu’est-ce que tu attends ?

06/04/2009

Histrionic Terrorism.

Je pense déjà au jour où je me suiciderai sur la toile. J’attends juste que la « tu meurs » prenne suffisamment d’ampleur. Qu’elle métastase le plus sordidement possible et se répande comme un venin dans le vagin du cyber. Qu’elle commence à nécroser et crever de l’intérieur, pour avoir été trop pressée. Pressée de jouir trop vite et de proliférer en toute impunité, en mélangeant ses pelotes d’ADN et ses gènes toxiques avec l’inconnu, l’ingénue, l’agnostique ou la mère apatride, alors que l’oxygène et la vie lui manquaient dès la naissance. L’exérèse carcinologique parfaite sous amphétamines et pinces hémostatiques. La sanction chirurgicale et la suture non résorbable. La plaie qui suinte et s’infecte. La verrue qui s’installe et observe. Tous ses petits camarades qui s’enfilent dans l’orifice du pire et se complaisent dans leur merde, confortable, gluante et sale. J'aimerai cet instant où je dénuderai la mort et occirai mon vieux fantôme sur la toile. La nouvelle carcasse que j’investirai. La nouvelle langue que j’apprendrai. Les têtes que je ferai tomber et les ombres que je baiserai. Les mots que j’érigerai en totems indécents, crépusculaires, et leurs verbes haletants, remplis de bris de verres et de silences solitaires, tristes et fiers. Je souris.
Mes horror 4o4 n’en sont qu’à leurs balbutiements. Bientôt, le divin relargage dans la circulation fragile. Natural killers et balles à bout portant. A chaque seconde, une cible potentielle. Sniper du cyber. Les mots comme arme de destruction massive. Et le néant pour les accueillir. Retour à la case départ. La déchirure originelle. Substance mort. Compulsion création destruction. Les mandibules s’agitent. Pendant que l’horizon s’allonge. Des images des figures par milliers et leurs larmes, et leurs larves qui croupissent dans les reflets fânés de leurs eaux mortes. L’éternité de l’instant figé dans le granit. Et l’ennui qui s’invite, dégueulasse, dans les cryptes du souvenir. Des cadavres en chemise noyés dans leur halo de poussière. Le long des cils, du bord des paupières, les tarentules mortifères sommeillent. Attentives au moindre mouvement. Avides d’en finir. La démence qui s’installe et vocifère. Les murs n’ont pas d’odeur. Sillonne-les, mais sillonne-les, pauvre hère ! Sous l’écorce du rire, la veine éclate dans un magma de pensées cholériformes. Je rêve du jour où je me suiciderai sur la toile. Et tu ne pourras rien y changer.

01/04/2009

We're all passengers.

When i walk along abandoned corridors, i can imagine thousands of ghosts whispering behind the walls, even if their corpses are feeding the worms, six feet under. Time passes by and floats into the night but Death’s still familiar and keeps on stealing our dirty secrets and faults without a sound. I wish i could be free to love and forget what i hide deep inside. But i can’t. And i apologize for tearing out time and memories that don’t belong to me. Once i enter in one’s life, it’s like a tumor that’s growing slowly until asphyxiation. Still in a hurry, always hungry, dropping its metastasis in every corner, and every hole of the organism, to feed them with hopes and fears. Connections may be criminal. Or cathartic. Emotion is the key, doors are disseminated along invisible roads and fate is just a bad player. I’m not sure if i deserve to know you. And we may never see each other. But a part of me belongs to you now. Something floating in the air, out of control. Is it a prison, or a particular degree of freedom i share with you ? i don’t know. A new breath is filling my lungs, even if my heart’s still bleeding. Every one carries its precious memories and ghosts, watching past with melancholy or fever, swallowing time and broken mirrors. Are we alive ? are we ready to write a new chapter of a story which has already begun ? I think so. I keep on falling down every day, but i’m not afraid. I become anaemic, my love is dead and no one cares. But i can feel your attention. You’re the stranger i’ll never cure. The soul i’ll never penetrate. The mirror i’ll never enter in. I realize that you’re a part of me, irrationnal, delicately pale, anchored in the hollow of my synapses. You are free to cut it out whenever you want. We’re all passengers.

31/03/2009

Ill & Miserable.

I try to close my eyes and forget the pain, but my cortex is stronger than me. So i go back to my planet, where everything’s cold, misty and silent, to re-read the recent past, analyse the present and anticipate the future. Ghosts around me, and caffeine through my veins, i walk, slowly, without turning back, wrapped in my feelings and memories. You may walk by my side, and show me new lanscapes, invisible doors, empty bones and lost souls. We don’t need to see or talk to understand each other ; sometimes i catch a piece of time, or a smile, a tear i hide, to give it to you. In this world, i feel deaf and dumb. Too exhausted to open my ears and my mouth. Music feeds me from the inside ; it screams, bleeds and caresses my mind all the time. All the lines i write, the useless mini wars i lead, the marks and scars i leave, will belong to this land, where life and death fuck together to rebirth and die, in the hollow of our hands, within a sigh. I wish i could dive into your mind to forget who i am.

20/03/2009

Horror & Decadence.

J’exècre ce que je suis.

J’écris. J’essaie même d’apprivoiser la langue de Shakespeare. Je m’auto-translate with my fingers full of shit. Histoire de. Penser dans la bouche d’un autre. Disséquer les cadavres qui jonchent le sol. Réapprendre l’anatomie des silences auscultatoires. Mastiquer des mots nouveaux. Achever mes phrases. Aller à l’essentiel. Percer l’émotion en plein cœur. Allonger la métaphore. Subtle conspiracies. Auto-fiction. Je me mets en scène. Ridicule. Dans ma boîte à musique. Sarcophage. Une danse. Une poésie, muette et froide, improvisée. Je tombe. Je me vautre. Je m’écorche. Je me lèche les doigts. J’écris encore. Je vomis. Je me fais violence. J’abdique. La marionnette s’essouffle. Fibrille. Vacille. Un petit tour et puis s’en va. Je me couche. J’attends. J’avale le temps. Capitalise sur la poussière. Compte les morsures. Cannibale. Je me consomme de l’intérieur. Lentement. Je grignote les secondes. Jusqu’à l’os. Je lèche le périoste, et y laisse l’empreinte de mes dents. Bones. Flesh. Le langage des viscères. Implacable. Le dégoût qui s’installe. Overdose. La matrice a mal. Saigne. Je me lève. Obsessions. J’allume le troisième œil. L’écran/miroir des âmes putrides. Je pénètre dans le système. Impudique. Lacère quelques pages au passage. Je synchronise mes boites mails. Que dalle. Génération spontanée de vide qui s’empile. Je souris. Fuck you all my friends. L’illusion d’existence ne tient qu’à un clic. Je coupe le son. Me déconnecte. Détourne le regard de cette fente qui s’ouvre et se ferme sur le cyber. La gerbe. Qui remonte. Dépendance de merde. Aller à l’essentiel. Achever mes phrases. Me consumer dans la bouche d’un autre. Se taire. Enfin. Lâcher prise. Et attendre calmement. La déchirure. Sweet organ failure. Des corbeaux dans la tête et le silence qui résonne. Avide. Impatient. Des pulsions suicidaires par milliers dans les veines. Qui courent. S’entrelacent. Se transforment. A l’ombre des soupirs. Rageuses. Electriques. Et se heurtent aux refus de la substance noire. Chaos/Cortex. L’ultime ennemi. A abattre. Un de ces quatre. Who knows.

To be continued…

27/02/2009

Epilogue - Have a nice day.

Je veux juste planter mon regard dans le sien, au détour d’un chemin sciemment emprunté, l’air de rien. Une morsure au goût subtil, en pleine rétine, qui ne laissera aucune trace, si ce n’est une douleur perverse, de type zostérienne, à chaque réminiscence, chaque replongée en eaux troubles, chaque perte de contrôle, le cortex écartelé entre veille et sommeil, flottant impuissant dans un espace clos, hermétique, là où les souvenirs s’interpénètrent et se mélangent, et où la conscience hurle pour qu’on l’achève. Je veux juste planter mon regard dans le sien. Un dernier coup de scalpel avant la fermeture. L’aiguille courbe et le fil non résorbable, de qualité irréprochable, juste pour la circonstance. Le point de suture qui fait mal, brûle en surface, et s’ancre dans la chair des souvenirs putrescibles pour un instant d’éternité. Le silence des mots et leur longueur d’onde, comme une déflagration invisible. Emoblast des sentiments bafoués, délavés. L’équation, implacable. Et l’amertume, comme une traînée de poudre qui macule à peine le bord libre des paupières. Fatiguées. Des silhouettes qui se frôlent sans se toucher, autrefois familières. Le dégoût au creux des veines, et la colère innommable au bout des doigts. Plus rien ne sera comme avant. Et j’occirai sans la moindre retenue tout résidu séquellaire de cette histoire. La sentence, froidement chirurgicale, pour un gramme d’hémoglobine arrachée. C’est le prix à payer. Pour rembourser sa dette d’illusions et crucifier les mensonges vitriolés qui auront ensemencé du vide. Rien que du vide. Sale, poussiéreux. Anonyme. Je veux juste planter mon regard dans le sien. Le clac de fin. Des images, des figures en papier glacé sur les murs. Eparpillés. Des bouts de littérature à moitié digérés. La valse des pendus, en toile de fond. S’embrasser à pleine bouche dans les flaques. Du temps, plus de temps. Nourrir les vers. Pendant que l’ombre. Se délecte. Les pucerons s’agitent. Dégueulasses. Cadavres. Tremblent encore, muets d'émotion. Et que crève le spectacle. Donc.

22/02/2009

Dead Lights.

Last night, i helped someone to die.

There’s no fucking words to describe how i feel like, right now.
Between shadow and light. Relief and Despair. Horror and Beauty.
I remember everything. From heartbeats to tears, and silences to shivering.
Face to face to reality. My cells and my nerves won’t bleed anymore.

Once upon a time dark angels and a guy.
Strangely familiar. And linked to eternity.

xx

21/02/2009

A whisper & a Sigh.

Il y aura toujours matière à écrire. Et ce n'est même pas une question d'inspiration. Juste d'expirations, lentes, réflexives, teintées d’hémoglobine, parfois douloureuses, depuis les profondeurs de mon cerveau ou de mes entrailles, malades. Ici les mots n'ont pas d'odeur. Pas même de saveur. Juste un arrière-goût de poussière lactée sous la paupière. Mais ils ont du sens. Une essence. Tragique, autistique, imparfaite. Une existence que j'abrège en les couchant sur le papier, parfois violemment. Une incandescence, arrachée au temps. Une poésie muette et froide qui se joue, sadiquement précise, juste sous nos yeux en permanence. Il y aura toujours matière à écrire.

Et je défie quiconque d'essayer de me connaître. Ceux qui ont essayé s’y sont cassé les dents. Misérablement. Parce qu’il n’y a rien de bon à sauver. Malaxer. Déchiqueter. Il est des parts d’ombre qu’il vaut mieux laisser crever en silence, pour qu’elles puissent renaître de leurs cendres, à l’abri des regards. S’inventer un espace, une ligne de fuite, un fixe de morphine. L’étreinte des possibles. Le vertige de dire. Un secret. Encré en soi pour un instant d’éternité. Baiser la métaphore aux tempes des miroirs assassins, et la confiance que l’on s’octroie en double aveugle. Une plaie béante qui se nourrit d’elle-même et hurle pour qu’on l’achève. Il n’est pas de contrat social qui tienne. Ou alors je ne suis rien d’autre qu’une pute qui se branle dans le noir en se léchant les doigts, le ventre gonflé de tourments, et autres orages intérieurs dévastateurs, l’absence imminente et l’ivresse du vide en filigrane, comme seules raisons d’être.

Il ne s'agit pas de littérature. Ni de performance stylistique. Mais de résistance. Réapprendre le monde sans lui appartenir vraiment. Jusqu'à la déchirure. Je n’écris pour personne. Car cela devrait se passer de mots. Tout au plus, des ponctuations entrecoupées de silences, lourds, pénétrants, vaporeux, fuyant à l’horizon. Une partition organique, faite de chair et de sentiments. Des corps qui s'aiment ne se racontent pas. L’histoire prend racine dans l’enchevêtrement de leurs peaux, de leurs sourires, de leurs larmes, de leurs soupirs, teintés d’abandon et de silences. Mes monologues sont de petits chuchotements inutiles, que le temps marquera de son empreinte indélébile. Et les hommes s'évaporeront dans le mépris du vide le plus profond.

20/02/2009

Hatred.

J’ai trouvé mon reflet dans un miroir rempli de haine et de douleur. Compté les morsures et les fêlures, qui s’enlaçaient depuis leur naissance au creux de mes os, jusqu’à leur arborescence sur chaque centimètre carré de ma peau. Tu ne t’imagines même pas ce qui se trame, juste là, sous la pulpe de mes doigts. Phalanges après phalanges, je sculpterai, phalanges après phalanges, je modèlerai, phalanges après phalanges, je redessinerai, les contours de ta sale petite gueule, mon ange. Il se peut que tu te souviennes de moi un jour. Un scalpel à la place du cœur. Les rétines emplies de cauchemars opaques, aveugles. Et des lames de rasoir délicatement pâles, acérées, sous la langue. Là d’où je viens, il existe suffisamment de place pour deux. Tortueux sont les chemins pour accéder à mon sanctuaire. Là où s’échouent les vestiges de nos amours mortes, au goût de larmes salées. Sais tu que leurs flaques sont d’une profondeur abyssale. Dommage que tu n’aies pas su y faire naufrage. Je t’aurais montré les lettres de l’orgasme, tatouées à l’encre de mes baisers. Mais le temps a joué en ma faveur, et les serpents autour de mes chevilles ont parlé. Tu ne me méritais pas.

15/02/2009

Modern Myth 2.

Celui de se taire, et de se lever le matin avec l’envie de crever. Urgente.

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Tout n’est que points de suture. Hémorragies de maux et de sentiments. Lâchement anesthésiés. L’équation imparfaite. Au plus profond de soi. Gravée dans la chair. Pour un instant d’éternité. Le goutte à goutte, subtil, délicieux que l’on sécrète in situ, à bas bruit, pour perfuser notre organisme d’illusions teintées d’angoisses stellaires. Et ce, jusqu’à l’overdose. All that you need is a needle and a girl.

12/02/2009

Narcotiques pour les fous.

Court et intense. Je n’ai rien vu venir. Que j’étais déjà repartie. Plus de place, pas le temps, l’ennui déposé sur le quai de la gare. Paris-Brest dans les gencives, uppercut en plein cœur, j’ai oublié de vivre. Pluie fine, immobile, sur mes paupières. Je me relève doucement, encore K.O.

Flashback. Le concert des Mansfield.TYA. Au point Ephémère. Automne 2008. L’émotion qui affleure en surface, les ventres qui se spasment, dégueulasses, et les pensées qui s’affolent. Extase. Intensité. Violence. Il n’y a pas de mots assez forts pour le dire. Entourée de silhouettes délicatement féminines, et de couples réunis pour la circonstance, le sexe aveugle, j’étouffe les battements de mon cœur. Une présence masculine qui me hante et se nourrit de ma détresse. Tu sais, je n’ai jamais voulu être écrivain. Encore moins poète. Simplement parce que je n’avais rien à dire. Mais tout à apprendre. Je n’étais qu’une enfant. Docile. Je m’énervais rarement. J’étais disciplinée à l’époque. J’alignais les bonnes notes à l’école, pendant que je massacrais sur le clavier celles que l’on m’imposait. Soupirs. J’ai longtemps imaginé. Tes lèvres sur ma bouche. Ton souffle sur ma peau. Mes mains entre tes mains. Ton regard posé sur moi. L’odeur de tes silences. Les pulsations de notre amour. Comme ça, l’air de rien. Et pourtant, l’appel du vide résonnait toujours aussi fort. Et mes sourires, fatigués, se figeaient. J’ai redessiné en vain. La trame de notre histoire. La poussière sous nos pas. Les contours de notre amour. Tes lèvres sur ma peau. Le goût de ton absence. Tes mains entre mes mains. Et puis un matin, je me suis réveillée. Des lumières mortes au fond des yeux. Je savais. Il était temps de partir. Plus d’élan. Plus de souffle. Une coquille triste et noire à la place du cœur. Et les pensées, blafardes. J’aurais voulu reprendre forme humaine avec toi. Arrêter de me tailler l’âme au couteau. Oublier les morsures du temps, les lacunes dans mes os, et les brûlures le long de mes axones. J’ai oublié de respirer. J’y croyais pourtant. Soupirs. Une onde s’évapore. Tu sais, on finira par se retrouver au détour d’une route ou d’un chemin, incertain. Et l’on se reconnaîtra. On pleurera peut-être un peu en se voyant. Comme des enfants. Et à cet instant, j’irais bien caresser l’ombre de notre échec. Comme ça, l’air de rien. Juste en palper la texture et deviner ses fêlures. Avant de s'échapper, en riant. Avec toi, à mes côtés. Le cœur léger, désinvoltes. Et on claquerait enfin la porte à nos vieux démons, édentés.

J’ajuste le scialytique. La plaie est sale, profonde, hémorragique. L’odeur de latex dans les narines. La paire de gants que j’enfile. Les aiguilles et le fil. Je ne rêve plus... Help me, i’m in Hell.

11/02/2009

Room 4o4.

Un vent glacé irrite mes paupières. Pas d’étoiles dans le ciel ce soir, et la nuit qui s’annonce, tumorale, austère. Cadavérique. Une de plus, qui retombera en poussière. Le chaos, en moi, vertigineux, indécent. Et le bruit de fond environnant, comme un passager anonyme, qui attend, lui aussi, comme un con. J’ai oublié qui j’étais en recomptant les marches d’escalier. Des lacunes dans mes os. Une tranche de mon cerveau. Le regard qui flotte. Substance mort. Création, compulsion, dépression, réparation. L’angoisse de morcellement. J’ai froid. Musique. Les pucerons s’agitent.

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Le train approche. J’arrive.


** Ceci n'est pas qu'une vue de l'esprit. Un projet en incubation, quelque part, entre deux replis de mon inconscient. Peut-être qu'il ne verra jamais le jour, et je l'emporterai dans mes cendres. Ou alors, il fera partie de ceux qui ébranlent les esprits, en crucifiant les interdits. J'ai appris à dénuder la mort et à apprivoiser les corps qu'elle manipulait, avant de les emporter. Elle est plus forte que moi la garce, et couche jusque dans mon lit. Room 4o4, ou les élucubrations d'une ombre parmi d'autres, qui ne fait que traverser les murs, les rétines emplies de cauchemars opaques.

** Ceci n'est pas un appel à contribution. Chaque chose en son temps...

09/02/2009

The persistence of Loss.

Qui prend vraiment soin de nous au fond. Personne.

Des semblants d'amitié ne m'intéressent pas. Si c'est juste pour se lécher de temps en temps, y'a Myspace pour ça, superficiel, dilatateur d'ego à souhait, créateur de réseaux socio-virtuels pour avoir l'impression d'exister. Et ça j'en veux pas. Les véritables complicités, celles qui s'inscrivent dans un registre particulier, en frôlant les 'interdits' s'accompagnent toujours de leur lot de souffrances. Je fais partie de ces amoureux éternels et solitaires, à la fois lunaires, froidement lucides, fidèles et tragiques. Eternels insatisfaits, passionnés, auto-destructeurs, et lâches puisque prenant la fuite, préférant la compagnie de la solitude plutôt que celle du vide - celui créé par l'absence. Amoureuse, oui je le suis, à différents degrés, selon la personne à laquelle je tiens. C'est pas nouveau, pas très ancien non plus, des histoires suspendues, ou que j'abrège. C'est toujours moi qui pars. Je sais pas si quelqu'un a vraiment envie de m'aimer, de toute façon, je ne lui en laisse pas le temps, ou je fais tout pour déchirer les liens quand la douleur devient insupportable.

A part ça, je n'ai pas peur de vieillir.

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En attendant il y aura des pages à écrire, et à abandonner.

07/02/2009

Modern Myth.

Celui d’exister via internet, alors qu’en fait, la vie s’arrête.

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Se lever le matin les yeux fermés, encore remplis de sommeil, mais surtout de cauchemars opaques dont on ne souvient pas, mais dont l’empreinte rétinienne est bien réelle. Se faire violence. Ne surtout pas réfléchir, ni même invoquer la routine et son confort détestable pour mieux défroisser ses alvéoles. Déplisser les paupières, remuer les lèvres, un goût de sel discrètement perceptible sur le bout de la langue. Essayer tant bien que mal d’écouter son corps, les chuchotements de ses organes, bercés par les battements de son cœur, mécaniques, sourds aux à-coups émotionnels et autres pulsions suicidaires, qui courent, par milliers, dans les veines. Tendre l’oreille. De sa main, sentir son aorte pulser, doucement sous la peau, se convaincre d’exister, simplement, dans ce laps de temps où la conscience s’éveille peu à peu, et où le cortex fait pénitence. I wish i could be a stone. Je me revois, sur cette plage de Bretagne, allongée dans le creux d'un rocher, me moquant éperdument des enfants en train de jouer, et de leurs cris, qui s’imprégnaient dans le sable. Le son de l'ipod montait, à mesure que le soleil déclinait sur l’horizon lointain. J’avais froid. J’étais bien. L’impression de flotter dans mes pensées, sans qu’elles parviennent à m’atteindre. Je me voyais marcher sur la grève, lentement, avant de m’enfoncer peu à peu. Des visages, des figures par milliers au fond des yeux, des paroles d’outre-tombe qui résonnaient encore, et des sentiments déchiquetés, à mes pieds, qui s’échouaient. On m’a dit que j’avais changé. Que je paraissais plus sereine. Alors que tout s’effrite, et que rien n’a jamais été aussi absurde que l’instant présent. A quoi bon les mettre au défi de vouloir me connaître. Tout a déjà été dit, noté, archivé, étiqueté dans les décombres de leurs mémoires. Je ne fais que passer, ce n’est pas grave. Tant que je reste docile et avale les dossiers sans broncher, je ne risque rien. Mes plongées en eaux troubles sont de plus en plus fréquentes. Seule la profondeur de mon regard peut-être pourrait me trahir. Et encore. J’ai appris à simuler. Feindre la joie de vivre. Respirer. Ausculter le souffle des autres pour ne pas penser au mien, qui hurle de ne pas flêtrir. Vieillir. Je ne fais pas mon âge. Pourtant mes artères, elles, se souviennent. Dernier flocon. Soumission léthale. Au manque. De qui, de quoi. Même la mort ne veut pas de moi. Alors toi, qui me lis et attends quelque part, n’espère rien de moi.

02/02/2009

Who the fuck are you ?

Dissection du cadavre de mes pensées. Une littérature minable, autistique et crade. Du magma, organique, indécent, que je crache et malaxe avec mes doigts. Noirceur, sexe et décadence. La cervelle qui brûle et qui hurle pour qu'on l'achève. Je suis la putain d'Hippocrate. Les statues que j’érige sont autant de lignes immondes que mes petits mots inutiles. J’irai les chuchoter ailleurs. Tant pis.

Outrageusement maquillés, solitaires, les fantômes errent en silence. Egoïstes. Obsédés par le vide qui les habite. L’esprit en berne, le sexe faible. L’univers sombre et décalé d’une blouse blanche parmi d’autres. Auto-destruction. Je suis ma propre ennemie. Horror 4o4 n’est qu’une fenêtre minuscule sur ce que je sécrète et nourris à bas bruit. A ghost among other ghosts. More than blood. An ink.

29/01/2009

Ecliptik.

L’étincelle vient toujours d’ailleurs.

Ça sert à rien de se livrer, se dévoiler, se laisser amadouer, caresser, par des mots, des phrases, des ponctuations qui claquent, délicatement pâles, tentaculaires, évanescentes, ou alors par des émotions, arrachées, gracieusement du bord des cils, ou sans retenue, impudiques, criminelles, des bouts de plastique et de ciment sous les ongles, et des plumes qui flottent dans la tête, chargées d’espoirs, ou de cyanure, ça dépend. A quoi bon se mettre à nu, de jour comme de nuit, écarter les cuisses, la tête renversée en arrière, et se laisser pénétrer par des ombres écarlates, turgescentes, avides de chair et de faux-semblants, qui vont et qui viennent, dégueulasses, l’esprit en berne, la semence, lactescente, qui relargue sans compter, ses pelotes d’ADN, de nerfs et d’acier, énervées, dans nos ventres, malgré tout, affamés, impatients de vivre, ressentir, peau contre peau, ce qui ne se dit pas, ne s’écrit pas, ne se raconte pas. On ne fait pas l’amour. On se le refile comme une maladie sexuellement transmissible. On se contamine, on s’aliène, on s’enchaîne les uns aux autres en remodelant nos synapses, l’attachement a un substratum organique, et porte un nom, perverse ocytocine, et c’est la souffrance qui te guette, mon ami, triste et carnassière, elle t’espère et t’attend, ardemment, en se léchant les doigts, et c’est elle qui t’aura, sadiquement précise, méthodique, professionnelle, et ce, jusqu’à la déchirure.

Le connu m’étouffe et m’emprisonne, le connu me soûle et me rend conne, et j’aime pas ça. Pour qui se prennent-ils après tout. J’ai appris la leçon, les déclinaisons et les règles d’exception. On ne se doit rien, on se traverse et c’est déjà beaucoup. Je suis infidèle, insatiable, lasse, mélancolique, solitaire, tourmentée, insatisfaite, imprévisible, transparente, lunatique, insomniaque, les rétines emplies de cauchemars opaques qui débordent et me hantent, cruels, l’orifice du pire, qui gronde, en moi, et le doigt sur la gâchette, fébrile, impatient, j’y peux rien. Je ne suis pas exceptionnelle, juste humaine, inhumaine, passionnée, suicidaire, les mains qui saignent, et qui apaisent, l’analyse critique et le geste clinique, aseptisé, à des années-lumière je me projette sur ma planète_sarcophage, où je cultive ma différence et mon indifférence, ma substance, mon ambivalence, hermétique, hostile, sauvage, sombre et intrépide. J’exècre ce que je suis. J’ai mis des siècles à construire un pont entre mes deux hémisphères. Marcher sur les miroirs brisés qui coagulaient le sol de mes pensées, errer sans but précis, emprunter des routes improbables, avancer lentement, sans rien espérer, rien attendre, lécher les ombres étrangères ou amicales, déshabiller la mort en lui jetant des sorts, tentant de fuir le reflet de l’homme miroir et les voix qui résonnaient dans ma tête.

Faut surtout pas gratter sous la surface, s’écorcher les lèvres à trop vouloir comprendre, chercher un sens à toute cette mascarade qui se joue avec ou sans nous, mais qui se moque de nous, inlassablement, en rigolant tout bas. On perd son temps à explorer les tréfonds de l’inconscient, ses zones de pénombre sont d’une profondeur abyssale, et la nécrose qui l’habite, finira par se répandre, métastatique, cellule après cellule, dans notre organisme, jusqu’à la dernière goutte. Un cadavre ambulant. Inutile, malhabile. L’ombre de la démence qui plane sous les paupières. A quoi bon s’attacher à des rêves, des illusions ou des sentiments, qui s’érigent tout-puissants, et qui mentent, tout le temps, lorsque la bombe humaine qui est en nous menace d’exploser à chaque instant. On se ressemble tous, finalement, aveugles et sourds, individualistes à outrance, et je te mets au défi de vouloir me connaître.

Alors quoi.

Se laisser traverser, percuter, transpercer, par l’inconnu, l’étranger, l’ignorant, qui ne fait que passer, subtil, mécanique, léger, aérien, une poussière, éphémère, qui saigne, au contact, du cratère de la dépression que l’on traîne, sans le savoir, inconscient minéral, qui s’effrite, lentement, sous nos pas, des étoiles, par milliers et leurs lumières, mortes, au fond de nos yeux, déjà vieux, fatigués, si fatigués, la rétine, déchiquetée, par les cris, impuissants, de notre propre inconsistance, qui s’étire et se fige, la conscience, remplie de foutre et de merde, noire, si noire à l’intérieur, et qui hurle, et qui hurle, encore et encore, la garce, pour qu’on l’achève enfin, sans attendre, là tout de suite, maintenant. Le geste, chirurgical, net et sans bavures. Poursuivre sa route, sans jamais s’attacher, ou alors, ne jamais se l’avouer, fuir, toujours fuir, droit devant, colmater ses failles, ses brèches, le long des lignes de force et de faiblesse de sa sphère, imparfaite, lécher ses plaies en silence, en y distillant un parfum d’absence, puis effacer les traces, faites de sourires, de larmes, de coups, d’ecchymoses, d’éclats et d’éclairs, anonymes, pour préserver un secret, tatoué au creux des veines, lancinant, brûlant, permanent, ancré à jamais, dans le tissu matriciel et la pulpe axonale, pour un instant d’éternité.

Revenir à l’essentiel, la pulsion originelle, plonger dans les flaques, le dégoût au bord des lèvres, et la gerbe au fond de la gorge, s’essayer à oublier, les yeux fermés, le vitriol, acide, délicieusement toxique, inodore, qui court dans nos artères, de jour comme de nuit, jusqu’à l’overdose, meurtrière, et qui teinte d’effroi nos visions d’avenirs, sales, apeurés, écartelés, au fond du gouffre de nos vies, défigurées, immobiles, maquillées outrageusement pour mieux dissimuler l’ombre de la mort et son linceul qui nous collent à la peau. Réapprendre à respirer l’odeur âcre de ses pensées, fétides, putréfiées, avant de repartir à nouveau, vides, terriblement vides, mais libres, libres de se détruire, encore un peu, juste ce qu’il faut, pour oublier, sans jamais y croire vraiment, mais oublier quand même, devenir amnésique de soi-même, retrouver l’envie de baiser la terre toute entière, sans amour, en s’abandonnant dans les bras du néant, omniprésent, fidèle et tragique, lui, oui, toujours lui, qui nous écoute et nous absout sans rien dire. Le grand frère, ancré dans l’espace, et le temps, avec sa trompe immonde, qui nous offre pour un gramme d’hémoglobine, le vertige, ultime, l’équation, chimique, autistique, imparfaite, et ses diagonales, criminelles, qui s’immiscent et se partagent, invisibles, dans nos cortex_éponges. Signer un pacte avec soi-même, viral, inavoué, pour un soupçon de sérénité. Ou un soupir. Inaccessible. Et dérisoire. Des pulsions suicidaires par milliers dans les veines et l’étincelle, subtile, anonyme, qui balaie tout sur son passage.

Pourquoi retarder l’échéance, ignorer la sentence, ravaler ses rêves, ses éclipses, noires et blanches, son innocence, sa confiance, fragile, et se résigner à errer, en mâchonnant la poussière de ses vieux souvenirs qui jonchent le sol, bruyamment, ou en silence, tout ça pour plonger au cœur de ses entrailles, lacérer ses étoiles, trancher dans le tas, briser quelques vieux os, sucer la moelle, faire de la place, toujours plus, toujours plus fort, toujours plus loin, avorter jusqu’à la moindre particule de désir, se transcender, s’extrapoler, se répandre en nappes, phréatiques, la danse des pendus, insensibles, asexués, et la ritournelle des fantômes, marcheurs hallucinés, solitaires et fiers, oscillant sur un filet de salive, border-line, psychotiques, avant de se perdre en jouissant sur la pierre tombale de leurs ancêtres, du granit sous la langue et des corbeaux dans la tête. On ne fait pas l’amour. Au mieux, on défait le temps. Pour se rappeler qu’on est toujours vivants. L’exigence du pire, celle de ne pas mourir. La promesse de l’instant, inscrite dans la force de l’étreinte, et des lendemains qui chantent, sur nos corps fatigués.

De crépitations neigeuses en arborescences esquissées. Je voudrais comprendre.

24/01/2009

Mirrors.

Les plages de Bretagne se ressemblent.

Elles ont toutes cette chaleur dans leur ventre, et un goût de sel sur les paupières. Elles sentent l’ennui, et la solitude infinie, et se moquent du temps qui passe, comme des voyageurs égarés qui viennent se poser quelques instants à leurs pieds, histoire de respirer leurs humeurs, et d’atteindre un soupçon de sérénité en fixant l’horizon lointain. L’occasion de rassembler ses pensées ou de les laisser se mélanger en silence, bercées par le mouvement des vagues et de la marée. Les décisions qui se prennent, même les plus terribles, dans un climat de tranquillité faussement rassurante. La dette d’illusions qu’il va falloir rembourser, avec le loyer, et les clefs de son royaume, qu’on a fini par avaler, dans un accès de folie ou de désespoir. Le quotidien qui s’effrite, sans relâche, et la souffrance dans l’absence, qui se prolonge, auscultant les cadavres de ses rêves et de ses désirs, enfouis, et qui amène au crime. Le manque de soi au plus profond de ses entrailles. Et de l’autre, qui ne s’efface pas, même dans les flaques tristes et noires de son inconscient malade. Je suis une vilaine fille. Incapable d’aimer, ou de prendre soin de ma carcasse. J’aurais voulu que tu prennes le temps de me connaître. Que tu sois fier de moi. J’aurais voulu tes larmes et tes sourires, tombés sur mes lignes d’écriture, mauvaises, trempées dans le sang et l’acide, parce que je ne suis rien d’autre que ça. Un fantôme, amer, impatient, égoïste, qui se complait dans l’auto-destruction. J’aurais voulu renaître en toi, et avec toi. Sur une plage de Bretagne ou le quai d’une gare, toujours en transit, entre deux mondes, l’état d’urgence au creux des veines. Il n’y a pas de drame. J’irai chuchoter ailleurs mes petits mots inutiles. J’ai préféré la matière des livres anonymes à la peau et au sexe des hommes. Je mourrai bien assez tôt pour avoir essayé de vivre trop vite. Et tu m’oublieras, comme tous les autres.

Tout doit disparaître.

21/01/2009

V.i.t.r.i.Ø.l.

Deux jours d’auto-destruction. Petit meurtre en famille, délibéré, sciemment orchestré. L’esprit en berne, les sens voués à l’échec, résignés à lécher par terre les bonnes résolutions de la veille, qui n’auront pas fait long feu. Poussière, rien que de la poussière, acide, cruelle, chlorhydrique, à gratter, arracher, phalanges après phalanges, jusqu’au sang. Avant de la recracher, les joues en feu, les doigts meurtris. Overdose de moi-même, de bouffe insipide, sans plaisir, de caféine, impuissante. Avaler le temps qui passe, sans faim, pendant que le ventre se spasme, dégueulasse. Aucune fierté, aucun sentiment de culpabilité. Se remplir pour mieux se vider. Je n’ai plus de schéma corporel. Je ne suis qu’un sac à merde, tendu, douloureux qui se traîne, sans vie, chaotique. A quoi bon vivre comme ça. Pourquoi je me ferais pas un shoot de morphine à la place. Ou de cocaïne. Ou alors, me torcher la gueule avec de la vodka, entre deux volutes de fumée. Si ça me permettait juste de m’oublier un peu. Pourquoi faire subir tant d’humiliations répétées à cette carcasse dans laquelle je ne me reconnais pas, si tout est dans ma tête. Et c’est pas en avalant 3 plaquettes de médocs que ça changera la donne.

Retour à la case départ.

Souffrir pour se sentir vivante ? C’est ridicule, pathétique, inutile, narcissique, terriblement lâche et égoïste. Tester ses capacités de résistance, minuscules, face à ses angoisses stellaires ? C’est un combat perdu d’avance. Enième tentative visant à trouver un quark de sérénité dans la douleur physique ? Vain et illusoire. Mon cul, oui. C’est pas comme ça que j’atteindrais le nirvana. Autant taper directement dans le Art-KØr.

Fuck.

J’ai encore touché le fond. En plein dans le mille, sadiquement précise. Y’a plus qu’à constater les dégâts, compter les morsures, les déchirures, les plaies qui ne se voient pas, et celles qui maquilleront toutes les autres, plus anciennes. Tout ça pour ça. Pour rien. Une souffrance stérile, dissociée, autistique, perverse, qui se nourrit d’elle-même et m’entraîne dans sa chute, systématiquement. Elle connait parfaitement mes faiblesses, la garce. Et moi je dis rien. Je l’écoute, et la suis, les yeux fermés. A l’échafaud. Droit devant. J’ai l’habitude, que veux-tu. Alors quoi. Bah rien. Y’a rien à dire. Je suis ma pire ennemie. Et ma peau ne tiendra pas longtemps à ce rythme-là. C’est peut-être ça que je cherche après tout. Me faire violence, m’épuiser, me remplir de haine, de dégoût, de désespoir, anesthésier mes émotions, crucifier mes désirs, étrangler mes illusions pour enfin trouver le repos. Hors de moi. Loin des autres. Redevenir animale. Végétale. Pierre. Et rouler, rouler, rouler, de plus en plus vite, sans rien emporter, et rouler de plus belle, jusqu’à en perdre la tête.

Ouais. Why not…

17/01/2009

Vanishing Point.

Rupture. Electroencéphalogramme plat.
L’équation était simple finalement.
Les X et les Y ont retrouvé leur place.
C’est maintenant que le rideau tombe.
Les mots coagulent en grimaçant.
Des images, des figures. Cadavres.
Et que crève le spectacle. Donc.

06/01/2009

Naphtaline.

Tout se précipite, tout coule et se perd en fonte perpétuelle.

Même le sang, et les cellules de notre épiderme. Quand bien même les instants de vie s’agitent, fébriles, au creux de nos veines, en chuchotant des incantations aux noms étranges, chaque jour s’effondre un peu plus dans nos ventres, en revêtant les couleurs bleutées de la nuit, austère, froide, amniotique, et la mélancolie qui s’invite, comme une ombre familière, envahit nos corps lentement, jusqu’à la déchirure originelle. Chaque jour s’effondre un peu plus dans nos ventres en y laissant un arrière-goût d’échec, ou d’impuissance. L’avortement de nos élans de solitude parcourus de désirs électriques, perdus dans l’enchevêtrement de nos peaux inanimées au fond du lit de nos pensées les plus intimes. Donner de la matière aux silences en tatouant sur nos poignets nos dates de péremption respectives. Ne plus vouloir retourner dans le réel. Et se brûler la rétine en y recherchant l’illusion des damnés. Pharmacopsychose. Dissociation. Abandon.

Les brumes matinales ne veilleront plus sur nous.

02/01/2009

Dead Fragments.

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December the 31st.

Silent numbers no longer exist.
Hidden in multicolored trees.
If they were written on the sky,
Would you be able to fly ?


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January the 1st.

Happy new year, happy new year.
Like a leitmotiv lost in the air.
Everyone loves everybody.
Everything seems possible.

Drugs and vitriol to forgive.
Evils and angels in our heads.
Death and alcohol to forget.
All that could have been.

Love, hate, haemoglobin, sex, bones and flesh.
Remember, life’s not a game, even if it’s over.
Loneliness and self-destruction, your ink.
Would you be able to cope with it ?


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January the 2nd.

Dark shadows above the clouds.
The tumor’s growing slowly.
No matter what you’ve heard.
This is not an emergency.

Pure feelings through the veins.
I’ve learnt the beauty of silence.
One or two injections a week.
I’ve created my own science.

Time, blue lights and miles, between us.
I’ve seen too many corpses and dust.
One life, one shout, one dream for eternity.
Would you be able to fuck and die for it ?


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January the 3rd.

I used to be someone happy.
Childhood seems so far away now.
I used to play the piano.
So slowly, wildly in harmony.

I still hear the voices inside of me.
Cracks in my bones, and dirty fears.
Running among my body. Tiny tears.
I used to feel the one i could have been.

Now i’m getting older, wiser and emtpy.
Feeling like a stone in a cementery.
That’s the price to pay to be free.
That’s the price to pay to know me.

27/12/2008

Knife Party.

Suis en train de faire le deuil d’une partie de moi-même.

Je l’ai su tout à l’heure, alors que j’errais seule dans ma boîte crânienne. Dès l’instant où des larmes brûlantes ont commencé à couler le long de mes joues puis de mon cou, immobile. Une dynamique invisible. Une lutte qui s’achève, doucement. Un mouvement à la fois douloureux et libérateur. Incontrôlable. Organique. Un silence pénétrant. C’est mon corps qui me parle. Et je l’ai écouté. Calmement. Résignée. J’lui ai donné la pilule noire pour qu’elle s’en aille. Une forme de pacte entre nous. Un suicide assisté, dont je tairai les détails. Mais dont j’encrerai chaque étape dans l’un des replis de mon inconscient. Ses pulsations s’épuisent. Je les perçois à peine. Je sens qu’elle ne me résiste plus. Résignée, elle aussi. Elle savait. La vie ne vaut rien. Le temps est un piètre assassin. Les hommes, d’une lâcheté incommensurable. Jamais en phase. Sauf pour baiser, ou ramasser les miettes. Je lui avais donné un nom. Dessiné une place au creux de mes mains. Confié mes doutes et mes peurs ancestrales. Elle les emportera avec elle. L’amputation fut indolore. Pas une goutte de sang n’a perlé. Les tissus en phase cicatricielle. Accélérée. J’expérimente et m’incline devant ce corps dont je suis l’otage. Je lui reconnais des capacités d’adaptation. Insoupçonnées. Et me surprends à disséquer la mémoire affective qu’il sécrète, nourrit et conserve au sein de chaque plaie, même refermée. Un bolus de morphine pour digérer. Puis un verre de rhum macéré pour oublier. Parfum noix de coco, s’il vous plait. Je ne bois jamais d’alcool d’habitude. Un plaisir égoïste, minuscule, pour sceller cette fin d’année. Avant d’enterrer le passé. Dignement.

A ta santé, darling.

25/12/2008

Amen.

Remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science avaler avaler avaler comme savent si bien le faire les putes remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir vomir vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science et nos fluides visqueux dégueulasses à la gueule des passants remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes t’en veux encore remplir remplir remplir jusqu’à l’overdose les trous que nous sommes vomir étaler notre science remplir les trous que nous sommes avaler avaler avaler comme savent si bien le faire les putes remplir les trous que nous sommes car nous sommes des trous rien que des trous des putains de trous anonymes dégueulasses sourds infectés abjects déchiquetés condamnés remplis de merde et de foutre jusqu’à l’os remplir les trous que nous avons toujours été vomir étaler notre science rougir baiser cramer jouir et disparaître en fumée. SEULS.

23/12/2008

Schizoïd Paranoïd.

Internet.

Le prozac que l’on avale en cachette, le démérol que l’on suce aux 4 coins de la toile pour ne pas sombrer. Ou alors les bouffées de ventoline que l’organisme réclame, au bord de l’asphyxie. La dose de sérotonine X, la dope du futur, virtuelle, mais belle et bien réelle, la sécrétion d’endorphine endogène cyber-médiée, la dépendance insidieuse qui s’installe et qui se substitue à la vie, à l’extérieur, l’enfermement et le confort douillet que ça procure, chacun dans sa bulle, les yeux rivés sur l’écran, les doigts qui s’agitent fébrilement sur le clavier, le cœur au seuil de la fibrillation ventriculaire, l’anévrysme intra-crânien au bord de la rupture.

Des épaves existentielles, à la dérive, croupissant dans nos carcasses_sarcophages, voilà ce que l’on est. Et tous ces cordons ombilicaux factices qui se mettent en place pour nous relier à la matrice placentaire et nous alimenter, au goutte à goutte, jour après jour, pour mieux contrôler notre état de manque, l’évaluer, et le dorloter, sont devenus les bras armés de notre aliénation au monde virtuel. Toute tentative de sevrage se solde par un échec cuisant. Une déroute, assurée. Le bug est dans le ventre de la bête, accroché tel un scolex à sa proie, putain de ver solitaire numériquement inaltérable, dont les œufs se propagent en shuntant tous nos moyens de défense.

On est là, comme des cons, à se mater les uns les autres par écrans interposés, attendant un signe, un geste, une étincelle, un tressaillement. N’importe quoi, pourvu que ça nous sorte de notre léthargie somato-psychique. Un symptôme. Une manifestation. Un signe de vie quelconque. Une illusion. Un mensonge. Une trahison. Une claque dans la gueule. Une piqûre de rappel. Un shoot. Une morsure. Qu’importe, du moment que l’on communique, que l’on communie ou que l’on nique virtuellement en baisant nos solitudes, nos cortex desséchés et le néant qui nous entoure, à coups de clics et de clacs, insatiables, caverneux, turgescents, dégueulasses, purulents, nauséabonds, toxiques et invertébrés.

Des bouches qui s’ouvrent et se ferment. La gerbe au fond de la gorge. Des trous noirs à la place des yeux. Des visages, des figures, balafrées, défigurées, anonymes, inutiles. Des fantômes dont le temps suce méthodiquement la cervelle avec sa trompe immonde et dont le sang se fige, misérablement. Des lyophilisats sur pattes. Encore debout, ou avachis sur leurs claviers. Des scories inanimées, crachées de la bouche d’un volcan mort-né. Incapables de se révolter, ou de s’effacer. Condamnés à errer en silence, arpentant la toile putrescible, comme des putes sans visage, le teint blafard, le feu aux lèvres, la mort dans la peau, le vice entre les cuisses, un rail de coke dans les narines et du brouillard dans les veines.

Avoir le clic chirurgical. La sanction au bout des doigts. Le couperet qui tombe. Les têtes qui roulent. Les doigts qui pissent le sang. Liquide noirâtre qui se répand en flaques, en nappes, sur les claviers, sur les sols, repeint les murs, les plafonds, les boîtes crâniennes, explore les tréfonds de l’âme humaine, remplie de merde. Rien que de la merde. Sale. Collante. Pleine de pensées gluantes, puantes, de diarrhées verbales en suspension, et de sentiments, refoulés, nécrosés, putréfiés.

Beurk.

22/12/2008

Breathe Me.

Je n’attends plus rien de toi. Ou d’un autre. Encore moins des autres. Tu ne seras jamais là pour voir mes sourires ou réchauffer mes larmes. Détailler chaque grain de beauté qui parcourt ma peau, nuancer la couleur sauvage de mes iris, étreindre mes peurs jusqu’à la déchirure. M’arracher un baiser ou en déposer un, doucement, depuis la racine de mon cou jusqu’à la commissure de mes lèvres. Me surprendre en train de jouer du piano, ou de courir te rejoindre, mon stéthoscope à la main, de jour comme de nuit, juste pour m’extraire quelques secondes de cet environnement fait de chair et de béton aseptisé. Je n’attends plus rien de toi. Je crève de ne pas mourir à l’instant pour ne pas avoir à achever mes phrases. Disparaître en fumée, simplement, pour ne pas avoir à fuir, me justifier, mentir.

Condamnée dès la naissance. C’est inscrit dans mes gènes.

Avaler cet ennui de moi-même qui me ronge et engendre des plaies béantes, hémorragiques et sales. Lasse. Shootée au vide. Défigurée. Je n’entends plus mes cellules. Crier. D’impatience, de douleur, de désir. Affamées. Folles à lier, cadenasser, neuroleptiser, et même, sismothéraper, pour une seconde de répit. Pressées d’en finir. Goûter l’indicible. Baiser le néant. Jouir une dernière fois. Et ces mots, que je libère, comme les cendres dégueulasses d’une urne funéraire, éparpillées au gré du vent ou des marées indécentes. Ce souffle qui m’échappe chaque jour un peu plus. Cette poussière qui recouvre déjà mes vieux os, alourdit mes paupières et gomme mes rêves d’enfant. Je t’en fais don. Anonymement, gratuitement, lâchement. Ma science, mon sang, mon essence. Mon imposture. Tragique et nécessaire. Qui s’expose et se cache entre les lignes pour se branler tristement. Une pute sans visage. Blafarde. Mais pas n’importe laquelle. Je tairai les secrets qui me seront confiés. Et jusqu’au bout, de la vie ou de la mort, des hommes, inconnus, j’accompagnerai. Oublie-moi.

21/12/2008

A Warm Place.

Après tout, qu’adviendra-t-il de tous ces mots balancés sur la toile comme des crachats purulents ou des vomissures que l’on n’a pas su contenir, tant ça débordait et que la douleur était insoutenable ; des peaux mortes ou des grains de poussière imprégnés de notre sueur, que l’on a fait tomber par mégarde, en secouant nos vestes et nos vieux os ; des traces de notre passage, anonyme, insensible, fugitif, spectral, que l’on aurait abandonnées, en toute conscience, pour avoir l’impression de survivre, quelque part, en dehors de soi, au milieu des autres, face à ce monde auquel on n’appartenait pas vraiment, pour accéder à cette immortalité utopique que l’on caresse pour apaiser ses craintes, faire taire ses vieux démons et repousser l’échéance, celle de mettre fin à toute cette mascarade, cette existence qui nous emprisonne et se moque de nous en souriant tout bas. Si démarche artistique il y a, elle est involontaire.

Clinik.

Panik.

2 titres nés dans l'urgence, ou par erreur, j'en sais rien. Cela me semble tellement loin, déjà. Et les réactions, que j’ai pu recueillir, sont toujours agréables à lire ou à entendre, c'est vrai, même si elles ne font que nous traverser. Je ne sais pas si 'Horror 4o4' prendra forme un jour, sur scène ou ailleurs. C'est une expérience qui me tente, inconsciemment, pour donner de la matière aux silences. Transcender l’émotion en s’exposant. Faire un don de chair en modélisant le propos. Aller à la rencontre de l’autre, sans filets, lui insuffler notre science, et notre essence, l’espace de quelques secondes, ou quelques minutes, arrachées au quotidien et aux contraintes qui nous aliènent. Une autre façon de se révéler, sans doute. L’expérience d’un cheminement intérieur, d’un aboutissement, d’une mise à mort et d’une renaissance, intime et particulière, dans un espace que l’on se réapproprie pour la circonstance. Une performance, pour tout ce qu’elle signifie, concède, tait et dissimule. Une mutation anodine en surface, mais tellement profonde à l’intérieur. Une hémorragie de maux et de sentiments, dont on contrôlerait l’hémostase tant bien que mal, parce que face à l’inconnu, face à soi, ses peurs, l’interdit, le droit au plaisir, le droit de dire. Se faire violence avant d’ébranler les consciences. Passer à l’acte devant des témoins, assumer le vitriol qui brûle dans nos veines, et nos pulsions suicidaires, par milliers qui viendraient s’échouer à leurs pieds. Bang bang bang.

Mais je crains que mon acolyte Elastik ne veuille sortir de l'ombre, et moi, je crains de ne pas être à ma place tout court. Alors je continue ma route, tant qu'il y a cet élan, indescriptible, douloureux et nécessaire.


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You believed in your lies, didn’t you ?
[Ruiner – Nine Inch Nails]

20/12/2008

Broken Mirrors.

J'intrigue... C'est cool de pouvoir "s'émouvoir" encore, de nos jours.
Moi j'ai appris à me taire. Mettre les hommes à nu et caresser leurs entrailles.
Aux sens propre et figuré. Je ne serai plus jamais humaine. La mort me sourit.
Me courtise, me lance des défis, et couche dans mon lit. Ça fait longtemps déjà.
Les secrets que l’on partage, nos colloques singuliers. Nos vagues à l’âme.
Je ne serai plus jamais moi-même. Et il vaut mieux que tu t’en souviennes.

18/12/2008

Reptilian.

J’avais peur de lui briser les os entre mes cuisses. Il se tenait là, tout près de moi, guettant le moindre de mes mouvements. Je regardais les meubles, l’éclairage du jour qui faiblissait, les textures douces et les objets autour de nous. Rien n’avait bougé. Chaque chose était à sa place. Seule la poussière s’était déposée, par endroits, comme pour mieux souligner l’empreinte du temps qui s’était écoulé depuis la première fois. La première fois où j’avais pénétré dans cette pièce, presque religieusement. Son sanctuaire. Avec ses livres, ses ossements, ses araignées et cette atmosphère si particulière, dans laquelle je m’étais immergée, les yeux fermés, naturellement. Je m’étais sentie étrangement bien. En confiance. A des années-lumière de moi-même. C’était un lieu de rencontre. Avec les livres. Des auteurs, des artistes que je ne connaissais pas, et que je découvrais, émerveillée. L’un d’entre eux m’avait terriblement marquée, de part la beauté froide et la violence décharnée de ses œuvres. Mais j’avais oublié son nom. Je l’ai retrouvé il y a peu, au détour d’une longue errance cybernétique, au petit matin. Il s’agissait de Beksinski. Une révélation. De celles qui nous transpercent et nous transportent vers d’autres horizons, lointains, mais si proches de l’autre, avec lequel on partage au moins ça. Une émotion, un penchant pour une certaine forme d’expression, une certaine forme d’Art, parce qu’il nous touche, et nous inocule un venin, subtil, délicat, phalange après phalange, en nous mettant face à nous-mêmes, face à notre propre fragilité. Mortels. Nous sommes de simples mortels. Et les livres ont raison finalement : les hommes s’évaporent dans le mépris du vide le plus profond.

Son sanctuaire.

Enfin, j’aimais bien l’idée de l’appeler ainsi. Je n’y étais pas restée longtemps. Juste une nuit, entre deux trains. Une étreinte, dans le hall de l’entrée, de deux êtres qui n’osaient pas se toucher. Et j’étais repartie, sans avoir eu le temps de sentir son odeur, ou même d’avoir goûté à ses lèvres. De longs mois s’étaient succédés, avec leurs mises à l’épreuve. Pas mal de décès autour de moi, une replongée dans mes abysses, sous l’œil de la dépression, un repli autistique, une fuite. Et un silence, lourd, meurtrier, qui s’était installé, peu à peu. Mais l’élan était toujours là, quelque part, balbutiant au creux des veines et des artères, ne trouvant pas les mots pour le dire. Cette nécessité d’être présent pour l’autre, même à distance, même à retardement. Cette nécessité de se voir vivre, autrement. Par la pensée, j’étais revenue. Plusieurs fois, m’inventant d’innombrables scénarios, improbables, imparfaits, cousus de fils d’ombre et de lumière, où tout se déroulait en silence. Retour au langage originel, charnel, vertigineux et indécent. Et le temps s’allongeait sur nos peaux immobiles, apaisées. Jusqu’au prochain départ. La prochaine chute, sur le quai d’une gare ou une plage de Bretagne. Tu te tenais tout près de moi, si frêle, si fragile. Et il faisait si froid tout d’un coup. Je ne sais plus qui s’est coulé contre l’autre en premier, venant épouser chaque forme, chaque creux, chaque convexité, pour ne faire plus qu’un. Mais c’est à cet instant que j’ai senti ton pouls s’accélérer fébrilement, et que j’ai pu ausculter nos souffles. Vivants l’un dans l’autre. Mais pour combien de temps encore. L’impression d’avoir un goût de terre dans la bouche, et déjà, l’image des corps séparés qui revenait me hanter. A quoi bon s’essayer à jouir. Nous ne serons plus jamais humains.

16/12/2008

Burn.

J’n’ai plus rien à dire. Plus rien à écrire. Plus rien à vomir, si ce n’est mes tripes ensanglantées. Plus d’os à croquer, plus de moelle à sucer, plus de carcasses syntaxiques ni de fibres synaptiques à mâchonner. J’n’ai plus envie de jouer aux osselets avec mes dents. J’y ai laissé mon innocence. Délabré mes souvenirs, sur les berges déchiquetées de mes sourires, cramés au vitriol pour n’avoir pas su garder mes secrets. Ma bouche n’est qu’un cloaque immense, où viennent s’échouer mes pensées les plus intimes, et les plus crades. Mes cellules sont asexuées. Vouées à l’auto-destruction. Sadiquement précise, programmée depuis la naissance. En transit perpétuel, mes errances sont d’une profondeur abyssale. A ghost among other ghosts. Definitively lost. Look at us. Thousands and thousands of corpses, full of dust. J’ouvre les yeux. Nulle part où aller, nulle tempête à qui parler. Toutes les diagonales sont criminelles. Et cette voix dans ma tête. I am the needle in your vein. I am the devil in your mind. I am the drug you can’t forget. I am the voice inside your head. I am the sex you can’t define. I am the hole inside your bones. And i control you.

Oh, well.

Qu’on m’insémine artificiellement, qu’on me greffe des cellules souches, qu’on m’injecte de la matière première dans le cortex ou des métastases affamées dans les veines, j’ai besoin de me sentir vivante. Différente. Accompagner le monde sans lui appartenir vraiment. Histoire. De. M’oublier. Me perdre, encore un peu. Me transformer. Effacer mes codes génétiques pour réécrire l’histoire. Reconfigurer la bête. Faire sauter les verrous nucléaires. Dérouler les pelotes d’ADN. Changer la donne. Dénaturer la configuration originelle. Remodeler la matrice. Introduire des mutations numériquement incorrectes. Faire hurler la syntaxe, et pâlir la morale. Sculpter mes rétines pour changer de regard. Réapprendre le monde pour mieux me fondre dans l’immonde. Embrasser l’innommable. Embraser l’inconcevable. Renommer la chair. Puis énumérer chaque lettre de l’orgasme, juste du bout des doigts. Je me réinventerai un langage des signes, au parfum humecté d’éternité. Mes lèvres resteront scellées, à jamais. Your God is dead, and no one cares. All the pigs have won, and everything is alright. You’re the bullet in the gun, and no one cares. Would you burn for this ?


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Fuck you all.

14/12/2008

Flesh and Bones.

Je n’ai jamais rien compris aux relations humaines.

On est toujours seul, dans sa tête. Que l’on soit en train de baiser, à même le sol, contre un mur ou sur nos claviers numériques, ou que l’on discute pendant des heures, ça ne change rien. Echange de fluides, brutal, anonyme, violent, mécanique, on s’utilise, on se consomme, sans saveur, comme des bêtes, affamées, avant de se jeter, comme un vieux préservatif usagé, et de s’ignorer, après avoir feint un plaisir factice, orchestré, minuscule et pathétique. On est toujours le sextoy d’un autre. L’ombre de soi-même recherchée dans d’autres regards, d’autres pupilles dilatées par l’extase, ou la douleur, arrachée, du bout des lèvres, ou irradiant du plus profond de ses entrailles, les sphincters délibérément meurtris, dévastés. Pour rien. L’impression d’exister, illusoire. Et la sentence, meurtrière. Celle de se gâcher, tout le temps. Il n’y a pas de misère sexuelle qui tienne, ni d’onanisme aux vertus thérapeutiques. Le corps n’est qu’une enveloppe dont le cortex tire les ficelles. Et l’abstinence, une façon de se retrouver. Se réapproprier l’espace en changeant de longueurs d’onde. Et s’oublier. Dignement. Libre et fier.

Alors il y a les autres, ceux qui crèvent à bas bruit, dans un lit d’hôpital ou sur un brancard des urgences. Ceux qui entrent dans la catégorie des soins palliatifs. Ceux qu’il ne faut pas réanimer, en cas de détresse respiratoire, neurologique ou cardio-circulatoire aiguë. Ceux qu’il faut accompagner dans la mort, sans pour autant la leur donner. Ceux que l’on ne peut pas aider à mourir, dans le cadre d’un suicide médicalement assisté, parce que la loi nous l’interdit, alors que l’éthique nous chuchote le contraire. Ceux que l’on sédate en espérant que la grande faucheuse se bouge le cul pour qu’ils puissent partir plus rapidement et que les familles puissent faire leur deuil, enfin. Ceux que l’on ne connait pas, alors qu’ils nous confient leur vie et ce qu’il en reste, entre nos mains, et qui de toute façon, ne méritent pas de mourir seuls. Dans les derniers instants, ils se ressemblent tous.

Et c’est avec eux, que je me sens paradoxalement bien. Humaine. A la fois forte, et vulnérable. Salement vivante. Terriblement calme, comme si celle qui leur arrachait leur dernier souffle était une amie de longue date. La mort ne me fait pas peur, celle des autres non plus, parce que ce sont des étrangers, des étiquettes sur un dossier, des noms de molécules à administrer ou à arrêter. Des sacs de viande, auxquels il faut procurer une certaine dignité, avec ce que l’on peut, nos compétences, notre science, notre empathie, notre vérité, nue, sans artifice. Avec eux, face à eux, le monde qui m’entoure n’a plus d’importance. Chaque instant est privilégié, unique, authentique, et s’inscrit dans une histoire, même courte, qui n’appartient qu’à nous. Ça fait mal et ça fait du bien, ça grandit, ça explose les certitudes, ça brûle la rétine, ça désespère et ça dégoûte, ça fait entrevoir ce qui est essentiel, ça donne des envies de meurtre vis-à-vis de ses congénères, ça donne envie de fuir, et de ne plus jamais revenir, ça donne envie de vivre, mais autrement, et ça, c’est tellement difficile à partager. Retour à la case départ. On naît toujours seul dans sa tête.

Camisole chimique, ou sarcophage électrique, il n’y a pas de différence.

08/12/2008

Born to Die.

1.0

Je me translate, solitaire, de ville en ville, fantôme, anonyme, dans un corbillard immense, fait de chair et d’acier. Aseptisé. Une poésie froide, géométrique, tentaculaire, que je dessine avec application. Les contours sont encore flous, mais les diagonales, toujours criminelles. A tout coup, c’est la loi. J’ai retenu la leçon. Aucun éden à l’horizon, ni tempête, ni phalange, pour me rassurer. Juste des membres désarticulés, et leurs ombres silencieuses, qui s’enfilent ici et là, par milliers, usées, fatiguées, cyanosées. L’écho du vide, qui résonne, lancinant, étrangement familier, le long des quais, et de mes axones, autrefois hémorragiques et fiers. Toutes les gares, tumorales, tous les hommes, tous les ventres, immondes, tous les sexes, se ressemblent, quand le manteau de la nuit noire s’allonge, à en perdre haleine, et que les regards, ivres de mourir, se perdent, à l’infini. Glacés. Figés pour un instant d’éternité. Le mensonge d’une vie, lacérée.


2.0

Back from nowhere. Je me lève, éparpille quelques souvenirs sur le sol, crache encore un peu, du temps, plus de temps, puis m’effondre, lâchement, dans mes flaques, invisibles, une tiédeur, immobile, tout contre ma peau, un relent, amniotique, qui remonte du fond de la nuit. Je me dis : il n’y a pas lieu d’avoir peur, mes cellules se souviennent. L’esprit apaisé, étrangement calme, délicatement pâle, quelques vagues soubresauts, en surface, imperceptibles. Docile. Juste ce qu’il faut pour ne pas réveiller les monstres huileux qui sommeillent dans les cryptes et les profondeurs de ma mémoire. Trop tard. Je les entends déjà. Affamés, pétris de colères froides et de nuits sans sommeil, électriques, insatiables, polymorphes, un gun entre les cuisses, la langue assassine, cruelle, qui chuchote des mots tendres, des mots durs, implacables, pénétrants comme des lames de rasoir, le verbe, mécanique, et le geste, méthodique, le spasme, fulgurant, et la brûlure, déchirante, qui procède par à-coups, inconscients, anarchiques, la cadence, infernale, qui irrite et remodèle, sans relâche, les codes génétiques. Mes entrailles, malades, ont appris à se taire. Contenir l’hémorragie de maux et de sentiments, qui se répandent, à bas bruit, le long des nerfs, des muscles et des diaphyses, qui craquent sous le poids de l’ennui. Ivres de mourir. S’achever, avec perte et fracas. Une déflagration viscérale, nostalgique, pour un gramme d’hémoglobine, cérébrale. La femme pense à tout, y compris à tuer le temps.


3.0

Les silences ont pris la parole. Des mots en croix, comme des points de suture ourlant les lèvres de l’indifférence. La tienne, la mienne, et la leur. Celle qui n'a pas d'odeur, mais qui pourrit de l'intérieur. Aucune formule incantatoire, ni prière délavée, les règles d’exceptions ont été retirées des grimoires. La syntaxe se moque des ratures. Et du temps qui bave sur les doigts. Les tentatives seront vaines, il s’agit de donner du sens, en prenant soin de la laideur. La fragilité des mots n’est qu’illusoire. Leurs figures abjectes ne sont là que pour martyriser la rétine. Le style comme une signature, la bouche remplie de sperme. La métaphore se couche en éructant bruyamment. Il s’agit d’avaler maintenant. Achever la fin de la phrase. Détruire. Massivement. En cadence, s’il vous plait. Petit meurtre en famille, le sang qui coule, les têtes qui roulent, les tripes à l’air, la rentabilité est inerte, les vers n’auront rien à se mettre sous la dent. Organiser le carnage, discrètement, dans la geôle infecte du souvenir. Compter les os, secouer les squelettes, puis dépecer la viande, avant de la revendre au prix fort, celui de l’inconsistance. Nous ne serons plus jamais humains. Des épaves, chargées d’absence, errant dans des flaques immobiles. Il fallait donner du sens. S’approprier le choix de la sentence. Faire un don de pénétration, sans doute. L’injection léthale gracieusement consentie pour la circonstance. Puis trancher les carotides d’une poésie en train d’agoniser. Accélérer le mouvement. Arracher le dernier souffle. Dignement. Et attendre. Observer. L'ombre de la démence qui s'éveille, sous les paupières. Les silences ont retrouvé leur langue originelle. Charnelle, vorace et acharnée. Agnostique et fière. Disséquons le cadavre de la littérature, maintenant. Et baisons le néant, ardemment, pour la beauté du geste. Avec souplesse et doigté, c'est tellement plus élégant. Ne dis rien, je sais que tu aimes ça. Le métronome battra la mesure. Fibre après fibre. Crescendo. La faim justifie les moyens, darling.

06/12/2008

Vermillion.

Shake your wrists, suck your skin and swallow your ink.
No matter how you feel sick, tasting your fears.
Or eating your pain, you’ll never be happy.
.... in slavery.

Try to stay away, just in case, i don’t care.
From the shadow to the light, i won’t be your guide.
Hate me, love me, feed me, i’m your cancer.
…. not the answer.

No matter what they’ve said or done, for you and me.
In this world of ugliness, bleeding is not enough.
Try to whisper inside your bones, to make it clear.
…. and disappear.

01/12/2008

Eraser.

J’essaie de me concentrer sur le paysage qui défile. Je fixe un point, n’importe où, ça n’a pas d’importance, et je crée une brèche dans l’espace-temps. Connection illimitée avec ce qui me reste de cerveau, avant que l’ombre n’obscurcisse mes pensées. Je canalise tant bien que mal les flux et reflux qui me hantent et m’obsèdent, en permanence. L’air de rien, je lutte derrière mes paupières. Mes pupilles ne vacillent pas, elles fixent toujours cet arbre ou ce point lumineux que j’avais tantôt remarqué de l’autre côté de la fenêtre. Le train poursuit sa course, avalant les kilomètres sans broncher, et vomissant du temps, encore plus de temps, comme un déchet qui s’accumule dans nos artères. Mon corps reste figé, aréactif. Je redeviens pierre, transparente, minérale, et me fonds dans ce décor que je crée, alimente, inspire, expire, suspends, remplis d’images et de figures, au fur et à mesure que mes idées s’organisent dans ma tête. Je me projette, mets en scène, réalise, joue et rejoue chaque épisode, encore et encore, jusqu’à m’en rendre amnésique. Mes amis s’invitent dans le story-board, ou je les y plonge de force, en leur maintenant les yeux grands ouverts.

Ça dépend.

Je dissèque chaque geste, chaque mouvement, chaque pixel, aussi absurdes soient-ils, le tout évoluant dans un silence d’outre-tombe. Aucun son ne filtre le prisme de la conscience. Les bouches restent immobiles ; dans ce monde, elles n’ont pas besoin de s’ouvrir pour parler. Les corps ont retrouvé leur langage originel, vertigineux, fébrile, immédiat. Chaque syllabe compte. Chaque ponctuation irise leurs silhouettes. Mais les pensées hurlent en saignant, et leurs mots, teintés de sève de coquelicot, transpercent de plein fouet les visages qui se tournent le dos, ou se bouffent la rétine, en se consumant. Chaque perception, chaque bruissement de feuilles, de peaux ou de tissus, pénètrent sans crier gare, au cœur de la matrice neuronale, là où se mélangent et se confondent les stigmates imparfaits de notre science et de notre essence, tragiquement humaines. L’empreinte affective de nos peurs et de nos souffrances les plus viles. Je suis l’otage de mon cortex. Branchée sur le canal des sensations, intimes et particulières, anarchiques et meurtrières. J’entre dans la zone rouge, explose les sens interdits. Ancrée dans la chair de la réalité. Je suis vivante et vous êtes morts. Mais pour combien de temps encore.

30/11/2008

No Pills.

Les pensées qui s’effilochent, une par une.
On hurle des mots que je n’entends pas.
Même pas peur.

Je suis vivante et vous êtes morts.

La perte de substance est minime, mais la douleur
Elle, est exquise. Trois phalanges à rapiécer.
Tant pis.

On remballe le charriot de réa.

Lyon Perrache, 4 h du mat, j’ai reconnu le quai.
Le temps est d’une élasticité effarante.
Unilatéral.

Je me suis sentie vulnérable, aujourd’hui.

Même pas mal.
On a essayé de me garder, me retenir. En vain.
Plus rien ne sera comme avant. C’est écrit.


--
Et je ferai de mon sang une encre.

25/11/2008

We're all fucking Ghosts.

Art is Resistance.
Je lutte en permanence. C’est plus fort qui moi. Génétiquement programmé. Ancré dans la terre. Et dans ma chair. Les yeux fermés. Je m’isole. Loin, très loin. A l’intérieur de ma boîte crânienne. Mon sang tourbillonne au gré de mes pensées, abjectes. Pour mieux se fracasser entre deux passages hépatiques. Chut. J’hémolyse. Tous ces hurlements vont finir par me rendre sourde. Une histoire sans fin. Sans combattant. J’ai encore du chemin à faire, pourtant. Mais c’est perdu d’avance. Je sais bien. Alors je m’isole encore plus. Pour m’oublier. Quelque part. Hors de moi.

Painful Convictions.
C’est comme un couperet qui tombe. Une sentence, chirurgicale. Sadiquement précise. Transperce mon cortex. Dans un plan sagittal. Vlam. L’aboulie qui déboule, dans toute sa splendeur. Fracassante. Je capitule. La vie me manque. Tout le temps. Et la mort me nargue. De son souffle, sépulcral. J’ai plus envie de lutter. Ça sert à rien. J'ai tenté de ranimer des cendres, en vain. Arraché les plumes qui me collaient à la peau. Ausculté le vide sous mes pas pour ne pas sombrer. Mais j’ai fini par consumer le peu de fierté qu’il me restait. L’impression d'être en deuil, sans pouvoir rompre avec le passé et ses fantômes. Engluée. Défigurée. J’apoptose à bas bruit. Je manque d’air. A quoi bon m’agiter. J’écris pas, je coagule. C’est comme ça. Aucun souvenir, aucune nostalgie, aucune certitude à l’horizon. Jamais. Tout est sombre. Définitivement. Et le temps, ce piètre assassin. Qui s’écoule dans mes veines, en avalant les secondes. Une à une. Inlassablement. Avec sa trompe immonde. Je voudrais pouvoir l'écouter mâchonner la pulpe de mon âme, juste une fois. Ou le condamner au silence, pour un instant d’éternité. C'est entre lui et moi que ça se passe. En colloque singulier, les mains plongées dans les entrailles de nos peurs, et les cadavres de nos rêves, sur le sol. Eparpillés.

Erase & Rewind.
Condamnée à errer entre ces quatre murs, je trouve un certain plaisir à lécher la poussière. Parfois je souille des pages et des pages, blanches. Des phrases que j’extrais de mon cerveau malade, des notes de musique, improbables et impudiques. Des ponctuations à visée curative, pour arracher du temps au temps. J’étouffe mes angoisses comme je peux. Like a hole in my head. Tout est lié. Interpénétré. D’une fragilité, et d’une profondeur. Abyssales. Et les mots, ce fil conducteur, pulsatile et élastique. A la fois nourricier et toxique, un cordon sanitaire entre moi et les autres, sans doute. Que je grignote lentement, en cachette, pour préserver ma liberté. Coûte que coûte. Et fuir, sans jamais me retourner. Même si ce sont de fausses excuses. Ou de fausses membranes qui brouillent ma vision et cloisonnent mes pensées. Qu’importe maintenant. Envie de changer d’air. Et de terre. De continent, peut-être. Je n’ai rien à perdre. Mon temps est compté. Quelques portes à défoncer, encore. D’autres à claquer, définitivement. Pour partir, sans regrets. Trouver un sens, une direction, une plage. Sous le vent. Les synapses en alerte. Eternel loup solitaire au regard d’acier. Oui, j’avoue. So what ?

Mrs Self Destruct.
J’ai besoin de silences pour habiller mes chuchotements. Des blocs de solitude, lourds et pénétrants. Saupoudrés de tonalités, noires et blanches. Délicatement toxiques. Pour osciller entre ombres et lumières, et écouter le vide intérieur prendre possession de mes sens. Seuls les échos provenant d'atmosphères minimalistes, expérimentales, instrumentales, électroniques et industrielles, m’apaisent. Etranges sonorités sur lesquelles mon esprit tente de se mettre au diapason, comme pour mieux diluer ses doutes, ses angoisses et sa noirceur, entre deux niveaux de gris, irrationnels et acoustiques. Et flotter, traversant le temps et l’espace, l’air de rien. Des lumières mortes au fond des yeux. Au-dessus de ma carcasse, immobile. Mais je m’égare.

Approche.
Je vais te confier un secret. J’ai trouvé mon cocktail lytique. Ghosts de Nine Inch Nails. Une révélation. Savais-tu que certaines rencontres étaient criminelles ? C’est marrant. Alors que le débat sur l’euthanasie revient sur le devant de la scène, j’enclenche le compte à rebours. Le fameux goutte à goutte dont j’ai tant rêvé, hypnotique et délicieux. Mon suicide, médicalement assisté. L’équation est juste parfaite. Monte le son. Vite, plus vite. J’entre en résonance. Subtile et magnétique. Allez, un dernier shoot pour la route. Direct en intra-cortical. Purement égoïste. Ouais. Rien à foutre. Tu n’entendras pas mes cellules crier. Ni mes pulsations s’accélérer. Avant l’asystolie. Terrible et nécessaire. No time for promises. It’s too late my friend. J’ai besoin de mourir encore un peu ce soir. Allez, casse-toi.
 
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